Songe, 2008,
5 ex
Tirage argentique
40 x 60 cm
Née
en 1960 à Paris.
Après
un deug de droit, Sophie Elbaz part, en 1980,
en Amérique centrale où elle
fait ses premières photographies durant
une année entre le Guatemala et le
Mexique. Puis, elle décide de partir
aux USA où elle est assistante d’Ernestine
Ruben puis de Patrick Demarchellier.
En 1984, elle est admise à l'International Center of Photography (I.C.P) à New
York, dans le cadre du programme intensif de photo journalisme dirigé par
F. Ritchin, photo-editeur du New York Times. Elle travaillera aussi avec S.Meseilas,
E.Richrads, A.webb, M.H Mark, B.Davidson, Gilles Peress et Robert Pledge.
Elle réalise un travail documentaire sur l’univers des hôtels
subventionnés par l’aide sociale (welfare) ; Holland Hotel. Durant
ses études, elle participe au programme de réhabilitation urbaine
au profit des habitants d’East Harlem. Ce travail collectif fut présenté au
maire Ed Koch et permis d’obtenir la protection de ce quartier menacé par
les promoteurs immobiliers.
En 1986, après avoir été assistante de Jimmy Fox, rédacteur
en chef de l’agence Magnum, à Paris, elle obtient son premier
poste de correspondante à l’étranger. Envoyée par
l’agence Reuter, elle installe la première couverture photo pour
les vingt-deux pays de l’Afrique de l’Ouest, basée à Abidjan.
L’Afrique sera une véritable initiation en résonance avec
son identité profonde.
Elle
devient ensuite correspondante en Inde avant
de rejoindre l'agence Sygma en 1989. Seule
femme du département « news
magazine », elle couvre de grands événements
qui forgent sa vision. Durant le conflit
des Balkans, elle réalise sur trois
ans un essai de soixante images en noir et
blanc, Contre toute attente, soutenu par
la bourse Leonard de Vinci.
Ce reportage, réalisé auprès des réfugiés
bosniaques témoigne de la folie des hommes, et lui vaut le prix Léonard
de Vinci.
En 1993, elle reçoit le Prix du Meilleur Reportage Politique au festival
d’Angers pour "Viol : Horreur", enquête et document sur
les viols collectifs de l’épuration ethnique.
En
1995, elle quitte le monde des agences pour
se consacrer à son travail d'auteur.
Engagé en 1996 avec l’appui
de l’AFAA, Mémoire d’Elles est
une série de 35 portraits en noir
et blanc intimistes avec interviews qui trace
une mosaÏque féminine sur 3,
voire 4 générations
de la société française. Le livre édité en
1998, sera accompagné par deux expositions itinérantes qui voyageront
jusqu'en 2003 dans le réseau culturel français à travers
l’Amérique du sud, le Moyen-Orient et l’Afrique.
En
1995, Elle découvre Cuba où elle
se rend régulièrement depuis.
Son regard sur le Garcia Lorca, l'Opéra de la Havane, durant trois ans,
rendra hommage à la résistance de ce monde vivant sur lui-même,
décalé des réalités quotidiennes. Pour les artistes
cubains, l’univers reclus est à la fois leur raison d’être
et leur prison. Et la scène du Lorca, une chimère qui se nomme
Liberté.
Le travail de Sophie Elbaz sera exposé et publié à maintes
occasions.
Parallèlement, à partir
du changement de siècle, Sophie Elbaz
développe une technique particulière
où elle retravaille ses images par
un procédé organique. Ce champ
expérimental lui permet la transformation
d'images prises au cours de ses voyages et
une autre manière de penser la photographie.
L'image n'est plus fixée à la
prise de vue, mais en devenir.
Cette vision poétique dans le champ du rêve nous renvoie à notre
mémoire du monde, en référence aux origines, aux mythes
et à nos archétypes fondateurs.
L'évolution
de son imaginaire la fait ainsi émerger
de manière plus créative dans
la sphère artistique. Origines, série
africaine, sera exposée pour la première
fois lors de la biennale de 2003 à Bamako.
Ces métamorphoses seront exposées à Paris,
Barcelone, Milan, Berne, et à la Réunion
en 2004. Elles seront ensuite diffusées à travers
le réseau culturel de l'AFAA jusqu'en
2005.
Au
cours de l'année 2003-2004, son goût
pour la différence, pour l’ailleurs,
l’a conduite à « mettre
en mémoire la traversée » des
architectes Moatti et Rivière, à la
manière d’une ethnologue au
cours de la transformation du lieu qui deviendra
le siège de la maison Jean-Paul Gaultier.
Sur une idée du créateur, ses
photographies habilleront les panneaux d'affichage
de la grande salle des défilés
pour l'inauguration et le premier défilé haute
couture dans cet ancien palais des Arts en
juin dernier.
Elle
présente en 2006, Où en es-tu
? Une série organique qu'elle vivra
comme une transcendance de la violence intérieure
tandis qu'elle traverse l'épreuve
de la maladie durant 18 mois.
En
2007, elle est invitée à participer à la
8éme édition de la biennale
de Sharjah dans les Emirats sur le thème
de l’environnement. Elle produit spécialement
un travail organique renforçant l’idée
de contamination dans le temps : I Accuse.
Son retour en Algérie sur les traces de ses origines paternelles séfarades
la conduisent à Constantine où elle expose et rassemble un matériel
visuel sur le thème de la mémoire puis à Alger où elle
exposera en 2008 les séries organiques.
Cette même année, elle termine sa trilogie Aleyo : Le Sacré,
le Corps et le Politique à Cuba qui sera en partie montrée en
2008 à la Maison Européenne de la Photographie qui l’accueillera
pour une exposition sur son parcours.
Sa
quête photographique atypique dévoile
la force de son engagement humaniste en tant
que citoyenne du monde mais aussi celle d'une
nature passionnée toujours en recherche.
Nombre
de ses tirages appartiennent désormais à des
collections publiques et privées.
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