> SOPHIE ELBAZ (FR)





Autres artistes :  









ADAM KADMON, 2007
Tirage argentique sous diasec à /5 ex
120 x 160 cm








 



 





Suavité, 2008,
5 ex
Tirage argentique
60 x 90 cm






 




Purification, 2008,
5 ex
Tirage argentique
60 x 60 cm

 

 

 



Songe, 2008,
5 ex
Tirage argentique
40 x 60 cm



Née en 1960 à Paris.

Après un deug de droit, Sophie Elbaz part, en 1980, en Amérique centrale où elle fait ses premières photographies durant une année entre le Guatemala et le Mexique. Puis, elle décide de partir aux USA où elle est assistante d’Ernestine Ruben puis de Patrick Demarchellier.

En 1984, elle est admise à l'International Center of Photography (I.C.P) à New York, dans le cadre du programme intensif de photo journalisme dirigé par F. Ritchin, photo-editeur du New York Times. Elle travaillera aussi avec S.Meseilas, E.Richrads, A.webb, M.H Mark, B.Davidson, Gilles Peress et Robert Pledge.

Elle réalise un travail documentaire sur l’univers des hôtels subventionnés par l’aide sociale (welfare) ; Holland Hotel. Durant ses études, elle participe au programme de réhabilitation urbaine au profit des habitants d’East Harlem. Ce travail collectif fut présenté au maire Ed Koch et permis d’obtenir la protection de ce quartier menacé par les promoteurs immobiliers.

En 1986, après avoir été assistante de Jimmy Fox, rédacteur en chef de l’agence Magnum, à Paris, elle obtient son premier poste de correspondante à l’étranger. Envoyée par l’agence Reuter, elle installe la première couverture photo pour les vingt-deux pays de l’Afrique de l’Ouest, basée à Abidjan.
L’Afrique sera une véritable initiation en résonance avec son identité profonde.

Elle devient ensuite correspondante en Inde avant de rejoindre l'agence Sygma en 1989. Seule femme du département « news magazine », elle couvre de grands événements qui forgent sa vision. Durant le conflit des Balkans, elle réalise sur trois ans un essai de soixante images en noir et blanc, Contre toute attente, soutenu par la bourse Leonard de Vinci.

Ce reportage, réalisé auprès des réfugiés bosniaques témoigne de la folie des hommes, et lui vaut le prix Léonard de Vinci.
En 1993, elle reçoit le Prix du Meilleur Reportage Politique au festival d’Angers pour "Viol : Horreur", enquête et document sur les viols collectifs de l’épuration ethnique.

En 1995, elle quitte le monde des agences pour se consacrer à son travail d'auteur. Engagé en 1996 avec l’appui de l’AFAA, Mémoire d’Elles est une série de 35 portraits en noir et blanc intimistes avec interviews qui trace une mosaÏque féminine sur 3, voire 4 générations de la société française. Le livre édité en 1998, sera accompagné par deux expositions itinérantes qui voyageront jusqu'en 2003 dans le réseau culturel français à travers l’Amérique du sud, le Moyen-Orient et l’Afrique.

En 1995, Elle découvre Cuba où elle se rend régulièrement depuis.
Son regard sur le Garcia Lorca, l'Opéra de la Havane, durant trois ans, rendra hommage à la résistance de ce monde vivant sur lui-même, décalé des réalités quotidiennes. Pour les artistes cubains, l’univers reclus est à la fois leur raison d’être et leur prison. Et la scène du Lorca, une chimère qui se nomme Liberté.

Le travail de Sophie Elbaz sera exposé et publié à maintes occasions.

Parallèlement, à partir du changement de siècle, Sophie Elbaz développe une technique particulière où elle retravaille ses images par un procédé organique. Ce champ expérimental lui permet la transformation d'images prises au cours de ses voyages et une autre manière de penser la photographie. L'image n'est plus fixée à la prise de vue, mais en devenir.

Cette vision poétique dans le champ du rêve nous renvoie à notre mémoire du monde, en référence aux origines, aux mythes et à nos archétypes fondateurs.

L'évolution de son imaginaire la fait ainsi émerger de manière plus créative dans la sphère artistique. Origines, série africaine, sera exposée pour la première fois lors de la biennale de 2003 à Bamako. Ces métamorphoses seront exposées à Paris, Barcelone, Milan, Berne, et à la Réunion en 2004. Elles seront ensuite diffusées à travers le réseau culturel de l'AFAA jusqu'en 2005.

Au cours de l'année 2003-2004, son goût pour la différence, pour l’ailleurs, l’a conduite à « mettre en mémoire la traversée » des architectes Moatti et Rivière, à la manière d’une ethnologue au cours de la transformation du lieu qui deviendra le siège de la maison Jean-Paul Gaultier. Sur une idée du créateur, ses photographies habilleront les panneaux d'affichage de la grande salle des défilés pour l'inauguration et le premier défilé haute couture dans cet ancien palais des Arts en juin dernier.

Elle présente en 2006, Où en es-tu ? Une série organique qu'elle vivra comme une transcendance de la violence intérieure tandis qu'elle traverse l'épreuve de la maladie durant 18 mois.

En 2007, elle est invitée à participer à la 8éme édition de la biennale de Sharjah dans les Emirats sur le thème de l’environnement. Elle produit spécialement un travail organique renforçant l’idée de contamination dans le temps : I Accuse.
Son retour en Algérie sur les traces de ses origines paternelles séfarades la conduisent à Constantine où elle expose et rassemble un matériel visuel sur le thème de la mémoire puis à Alger où elle exposera en 2008 les séries organiques.
Cette même année, elle termine sa trilogie Aleyo : Le Sacré, le Corps et le Politique à Cuba qui sera en partie montrée en 2008 à la Maison Européenne de la Photographie qui l’accueillera pour une exposition sur son parcours.

Sa quête photographique atypique dévoile la force de son engagement humaniste en tant que citoyenne du monde mais aussi celle d'une nature passionnée toujours en recherche.

Nombre de ses tirages appartiennent désormais à des collections publiques et privées.

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